La libéralisation des extensions continue de susciter des commentaires extrêmes. Certains sont très pessimistes. D'autres juste mal informés. La plupart construits d'avantage autour des opinions de leurs auteurs que de faits ou d'études avérés… C'est pour cela qu'un récent article du E-Commerce Times a attiré mon attention.
L'auteur Naseem Javed a, comme souvent avec ce genre d'article, quelque chose à vendre. En l'occurrence, il s'agit d'une étude réalisée par sa société, ABC Namebank, sur l'impact des nouveaux gTLDs. Notre ami Naseem se range dans le camps des vrais optimistes et nous décrit un Internet révolutionné par l'ouverture des extensions de premier niveau. Utopique ? Peut-être. Reste que l'auteur ne fait finalement que détailler les résultats de l'étude. Ses commentaires sont donc basés sur des données qui semblent concrètes et justes.
A commencer par l'estimation du coût pour la création d'un nouveau TLD, aux environs du demi million de dollars. Voilà qui me paraît beaucoup plus réaliste que les 100 000 dollars un peu trop rapidement annoncés par ceux qui n'ont pas compris 1) qu'il s'agit là uniquement de la taxe ICANN (la création d'une extension implique obligatoirement d'autres frais) et 2) qui n'ont pas écouté le PDG de l'ICANN Paul Twomey lorsqu'il a parlé de "quelques centaines de milliers de dollars", et non juste de 100 000…
Mais là où l'article est vraiment intéressant, c'est dans les estimations données du nombre de demandeurs potentiels pour les nouveaux TLDs.
D'après l'étude, il y a déjà 18 700 sociétés dans le monde prêtes à demander une nouvelle extension et pour lesquelles un budget de quelques 500 000 dollars c'est presque de l'argent de poche (surtout comparé aux millions que ces sociétés dépensent déjà pour promouvoir et défendre leur propriété industrielle et leurs noms). Ces précurseurs vont amener plus de 1,1 millions autres sociétés à leur emboîter le pas dans une deuxième "vague" de demandes, tout simplement pour ne pas se laisser distancer au niveau image et présence sur Internet. Sans oublier les organismes gouvernementaux ou encore les associations.
Autre donnée intéressante identifiée par l'étude : les extensions existantes, .COM en tête, resteront les domaines phares de l'Internet pour la décennie à venir. Mais avec le temps, les nouveaux TLDs créés dans le cadre de ce processus de libéralisation vont prendre de l'ampleur. Si je suis globalement d'accord avec l'analyse, j'ajouterais que pour moi, certains nouveaux TLDs - comme ceux des banques par exemple - risquent de s'affirmer nettement plus rapidement. Ils offriront en effet aux clients de ces dernières un espace nettement plus sécurisé que celui actuellement proposé dans le cadre des extensions traditionnelles.
Au total nous dit l'étude, le processus de libéralisation pourrait générer plus de 33 milliard de dollars dès les 3 premières années pour les acteurs du secteur : l'ICANN ainsi que les registres et prestataires de services qui accompagneront les nouveaux projets !