Bien sûr, de nombreuses erreurs ont été faites au niveau de l'ICANN. Mais cela est vrai pour bon nombre des organismes, sociétés et autres associations qui composent le microcosme du nommage. Une industrie qui, rappelons-le, reste très jeune.
Mais qui grandi vite. A l'image de l'ICANN. Que de changements et de progrès réalisés ces dernières années. D'un groupe d'initiés au fonctionnement obscur, on est passé à une instance de gouvernance très ouverte. Et pour en rester à ma propre expérience de cette structure, j'avoue être séduit par l'ouverture d'esprit et le respect qui y règne.
Je parle de respect car même si, dans les réunions ICANN, les échanges peuvent parfois être très passionnés et issus de fortes divergences d'opinions, la volonté de prendre en compte l'avis de l'autre se fait toujours sentir.
Concernant l'ouverture d'esprit, j'ai vraiment été étonné par celle des équipes de l'ICANN. Un exemple concret : frustré, comme beaucoup je suppose, du manque de contenu en d'autres langues que l'anglais à l'ICANN, je les avais contacté pour leur proposer de booster un peu le français. Je m'attendais à une réponse du style : "mais oui, bonne idée mon bon monsieur…" et de voir mon email immédiatement partir dans la corbeille électronique de quelqu'un.
Que nenni. La discussion a été ouverte immédiatement, y compris avec le directeur adjoint de l'ICANN, et surtout… les résultats ont suivi. Ainsi a-t-il été décidé de lancer des posts en français sur le blog de l'ICANN, et on m'a proposé d'administrer cette partie.
Une décision franchement surprenante pour un tel organisme. Par sa rapidité de mise en application d'abord. Sans même parler des organes de gouvernance, ceux qui œuvrent tous les jours au sein de sociétés commerciales savent combien le fait de passer d'une idée à sa réalisation peut prendre du temps. Là, ça c'est fait en moins de deux semaines !
Mais cette décision représente également une marque d'ouverture d'esprit très importante de la part de l'ICANN. Vous imaginez, vous, une autre organe de gouvernance quelque part, qui serait en charge d'une ressource devenue aussi importante que l'Internet, permettre à quelqu'un qui n'est pas membre de son équipe et qui n'a aucun lien contractuel avec elle de publier du contenu sur l'un de ses supports de communication officiels ?
Bien entendu, mes posts sur le blog de l'ICANN sont contrôlés. Heureusement, je dirais même. Mais la confiance témoignée reste grande. Et l'envie d'impliquer toutes les communautés dans les processus de l'ICANN aussi. D'autres contenus en français sont régulièrement proposés, comme ce glossaire sur les IDN destiné à aider les francophones à mieux comprendre un aspect du nommage qui est encore plus jargonnant que la normale. Et d'autres langues sont également proposées, à l'image de ce contenu en russe qui a fait son apparition sur le blog de l'ICANN maintenant que les français ont lancé le mouvement J
Bien sûr, énormément de choses peuvent encore être améliorées dans le fonctionnement de l'ICANN. D'ailleurs, les critiques auxquelles le régulateur fait face lui sont sans aucun doute aussi nécessaires que bénéfiques. Mais il faut aussi savoir être beau joueur et reconnaître les envies d'avancer lorsqu'elles font leur apparition.
Si l'ICANN veut parler notre langue, tant mieux ! A nous de l'encourager. Cela permettra sans doute à plus de francophones non initiés de s'intéresser au nommage, et ainsi de faire progresser notre industrie.