La 36e réunion de l'ICANN vient de s'achever. Alors après une semaine de réunions et de discussions intenses à Séoul, en Corée, où en sont les nouvelles extensions ?
Jamais auparavant le courant d'impatience ne s'était-il fait autant sentir. Une industrie entière s'est créée autour du programme de création des nouvelles extensions (gTLDs) lancé par l'ICANN en juin 2008. Registres et registrars sont bien entendu au cœur de plusieurs projets. Mais de nombreux acteurs qui n'existaient même pas il y a 2 ans sont maintenant des participants réguliers aux réunions de l'ICANN. Il n'y a qu'à regarder les exposants dans le hall d'accueil pour s'en convaincre : tous, ou presque, proposent des services autour des nouveaux gTLDs.
Les nouvelles extensions se feront
Or derrière chaque projet, chaque société, il y a des actionnaires et des clients. Et ils en ont marre d'attendre un calendrier précis de l'ICANN pour le lancement (dorénavant, le régulateur se refuse même à avancer une date). Ainsi dès le début de la semaine, le "staff" de l'ICANN a été harangué dans les réunions. "Arrêtez de vous perdre dans les détails du manuel du candidat et donnez-nous une date," fut le message qui leur a été envoyé. "Même si c'est un lancement dans 3 ans, fixez au moins la date qu'on puisse donner un calendrier précis à nos clients."
Sans aucun doute, l'équipe et la direction de l'ICANN ont entendu le message. Première réponse, un engagement ferme vis-à-vis du programme en lui-même. Oui, les nouvelles extensions vont sortir ! C'est bien, mais quand ? Pour aider l'ICANN à répondre à cette question, deux initiatives se préparent en coulisses.
La première reprend un principe déjà connu : créer des catégories d'extensions. Les supporters de cette solution disent qu'au lieu de tenter de tout prévoir dans un seul document (le manuel du candidat) comme le fait actuellement l'ICANN, catégoriser les extensions par type de candidat pourrait permettre de simplifier la procédure pour tous. En effet, une extension de ville ne pose pas les même problèmes qu'une extension de société. Alors pourquoi les deux seraient-elles concernées par la même "bible" ? En faisant des règles par catégorie d'extension, les spécificités de chaque cas seraient mieux prises en compte. Jusqu'à présent, l'ICANN n'a jamais voulu entendre parler de ça. Pas question de lancer certaines catégories d'extensions avant les autres, tout le monde doit être sur un pied d'égalité. Mais le tout puissant GAC (le comité consultatif gouvernemental de l'ICANN) est de plus en plus en faveur des catégories… et à Séoul, on a commencé à sentir un ICANN moins fermement opposé au concept des catégories…
Pré-réservations
L'autre initiative se présente sous la forme de pré-réservations. L'idée est de permettre aux candidats de "prendre place" dans la file d'attente en témoignant leur "intention de candidater" pour une nouvelle extension. Ce dépôt de dossier se ferait sans engagement de l'ICANN de sortir les nouveaux gTLDs à une date précise. Il serait payant (deux propositions sont sur la table pour l'instant : USD 50 000 ou 25 000 €) de manière à décourager les demandes farfelues. Cette "taxe" ne serait pas remboursable, mais serait déduite de la taxe ICANN de USD 185 000 au moment où l'appel à candidatures réel serait lancé.
L'idée présent plusieurs avantages :
- Permettre de donner un vrai coup d'envoi au programme, et ainsi rassurer les clients et/ou investisseurs des candidats potentiels.
- Donner à l'ICANN une idée plus précise du nombre de dossiers à prévoir, de manière à mieux dimensionner ses équipes et ses infrastructures pour les recevoir et les traiter.
- Permettre aux concurrents éventuels pour une même extension de connaître l'existence d'autres candidats à la même extension et ainsi de pouvoir éventuellement les rencontrer et, pourquoi pas, collaborer.
Les créateurs de cette initiative ambitionnent de la voir adoptée dès la prochaine réunion de l'ICANN, à Nairobi (Kenya) en mars 2010. D'ici là, il leur faudra travailler dur pour la peaufiner et la faire accepter de l'ensemble de la communauté, condition obligatoire pour que le Conseil d'administration de l'ICANN puisse l'adopter.
L'ICANN se prépare aux nouveaux gTLDs
En attendant, sans même parler de ces initiatives, l'ICANN continu de travailler vers un lancement du programme en 2010. Un appel d'offre est ainsi en cours pour sélectionner les agents qui seront chargés d'évaluer les candidatures. 12 sociétés sont à l'étude, dont KPMG et Ernst&Young. Une équipe est également en formation à l'ICANN pour gérer la réception des dossiers. Tout cela donne clairement l'impression que pour l'ICANN, même si aucune date n'est avancée, le programme va bientôt être lancé.
Alors que faire si vous êtes candidat à une nouvelle extension ? Profitez des quelques mois supplémentaires pour continuer à travailler ! Il est de plus en plus évident que, lorsque l'ICANN donnera la date de lancement, ceux qui n'auront pas déjà bien avancé leurs dossiers risquent d'être pris de cours. Il s'agit donc de ne pas voir ce retard supplémentaire comme du temps perdu, mais plutôt comme du temps gagné sur le moment où il faudra être définitivement prêt à postuler.