L'histoire de Stephen Marshall a de quoi inquiéter tous ceux qui ont des noms de domaine chez des registrars américains. Ce spécialiste du voyage vers Cuba utilisait plusieurs noms de domaine en relation avec ce pays pour faire fonctionner son affaire. Des noms comme cuba-che.com ou cuba-shopping.com.
Mais de façon assez opaque, le gouvernement américain a placé un certain nombre des noms de Digital Panorama, la société de Stephen Marshall, sur une liste noire. La raison : l'administration américaine considère les activités de Stephen Marshall comme génératrices de revenus pour le régime de Fidel Castro, contre lequel elle lutte.
Ainsi en 2004, une annonce avait été publiée par le gouvernement en ce sens. Mais le "black-listage" des noms de Stephen Marshall a seulement été remarqué récemment par son registrar américain eNom. Ce dernier a donc, sans autre forme de procès, suspendu les noms, mettant ainsi un grave coup d'arrêt aux activités commerciales de Stephen Marshall (qui a depuis déposé des noms similaires, mais en .NET et auprès d'un registrar européen, dans l'espoir de reconstruire son activité).
Précisons que ce dernier n'est ni américain (il est britannique), ni basé en Amérique (il travaille en Espagne) !
L'histoire a l'air si surréaliste qu'on a du mal à y croire. Depuis la suspension de ses noms, Stephen Marshall n'a rien pu obtenir de eNom. La société est manifestement tenue par sa législation nationale qui lui interdit d'aller à l'encontre d'une mise sur liste noire de ce type.
Reste que sans justification et sans explication, l'état américain s'est approprié l'outil de travail de quelqu'un sur lequel il n'a, à priori, aucune juridiction.
Laissons aux juristes le soin de déterminer si cela est normal. Mais à l'heure où le contrôle de l'ICANN par le gouvernement américain reste un sujet de discussion majeur, les spécialistes de la gouvernance de l'Internet y verront certainement un signe inquiétant...
Ces derniers mois, il y a eu plusieurs cas de registrars américains supprimant ou bloquant un nom de domaine pour éviter de se retrouver en délicatesse avec la législation de leur pays.J'ai d'ailleurs relaté deux de ces cas : celui du politicien néerlanda
Tracked: Mar 28, 21:56
En mars, ici même, je posais la question de savoir si les noms de domaine enregistrés par le biais de registrars américains sont en sécurité. Une question amenée notamment par un cas de reprise arbitraire de noms liés à Cuba sur ordre du gouvernement amér
Tracked: Sep 03, 15:56