Si la question peut paraître abstraite pour un français, elle l'est beaucoup moins pour quelqu'un comme un chinois par exemple. Là, elle devient très concrète.
Car la Chine, qui souhaite participer au programme de création d'extensions nationales en caractères non latins de l'Icann (IDN fast track), a fort logiquement demandé un .CHINE dans les deux principaux alphabets du pays, le chinois simplifié et le chinois traditionnel. Taiwan a fait de même avec son nom de pays, là encore en chinois simplifié et traditionnel.
Lors de sa réunion du 22 avril dernier, le Conseil d'administration de l'Icann a considéré ces demandes à l'aune d'une étude réalisée par l'Icann sur la meilleure façon de synchroniser des extensions fortement similaires. Le résultat de cette étude indique qu'il n'y a pas encore de moyen technique fiable pour le permettre. Il faut donc gérée au cas par cas, avec le candidat concerné (en l'occurrence le CNNIC pour la Chine et le TWNIC pour Taiwan, les deux registres nationaux déjà gestionnaires des extensions .CN et .TW).
La Chine et Taiwan auront à priori le droit de gérer les 2 versions de leurs extensions IDN. Mais la problématique générale de la synchronisation d'extensions inquiète également les candidats aux nouveaux gTLDs. En effet, les règles actuelles du programme empêcheraient, par exemple, le gestionnaire du .COM de demander la même extension en caractères chinois. Un groupe de travail croisé GNSO et ccNSO (les deux entités de l'Icann respectivement en charge des politiques devant s'appliquer aux extensions génériques (gTLD) et nationales (ccTLD)) étudie d'ailleurs actuellement la question.
Côté gTLD, on espère donc que la solution technique à la synchronisation arrivera à temps pour permettre à un même candidat d'exploiter une même extension en plusieurs alphabets différents, un peu comme veulent le faire la Chine ou Taiwan avec leurs extensions nationales en caractères chinois. A suivre…