Lorsqu'on a demandé à Peter Dengate Thrush de remplacer Vint Cerf à la présidence du conseil d'administration de l'Icann en 2007, il a prévenu. "Je n'accepterai ce poste que si il s'accompagne d'une rémunération adéquate !"
Il lui aura fallu 3 ans pour obtenir satisfaction. A Bruxelles, la semaine derniÚre, le CA a en effet adopté une résolution autorisant une "compensation" de 75 000 USD par an pour son président.
Compte tenu du travail fourni par Peter Dengate Thrush Ă la tĂȘte du CA de l'Icann, cette compensation semble plus que mĂ©ritĂ©e. Rien qu'Ă la vice-prĂ©sidence du Conseil du GNSO, la structure de l'Icann en charge des extensions gĂ©nĂ©riques, j'ai dĂ©jĂ l'impression de travailler sans arrĂȘt pour l'Icann. Alors inutile de dire que pour le prĂ©sident du CA, comme pour les autres administrateurs qui sont tous, comme moi, des bĂ©nĂ©voles non rĂ©munĂ©rĂ©s, l'Icann est vraiment un job Ă plein temps.
Devant l'augmentation constante des sujets traitĂ©s par l'Icann et ses administrateurs, ce modĂšle basĂ© sur le pur bĂ©nĂ©volat avoue ses limites. Si l'Icann veut s'assurer l'aide de bĂ©nĂ©voles capables de tenir les rĂŽles que l'organisation entend leur confier, il lui faut aujourd'hui compter sur des gens qui, soit n'ont pas de vĂ©ritables employeurs (ou sont leurs propres patrons de maniĂšre Ă rester maĂźtres de leur temps), soit des employeurs qui trouvent leur intĂ©rĂȘt Ă dĂ©lĂ©guer un de leurs salariĂ©s Ă plein temps Ă l'Icann.
Sans appeler cela un salaire, proposer à ces bénévoles une compensation est un moyen pour l'Icann de se garantir des administrateurs performants et réellement indépendants. C'est le principe des "jetons de présence". Seulement maintenant que le président du CA va recevoir une compensation, est-il réaliste de ne pas envisager un traitement similaire pour les autres administrateurs ?