Wednesday, November 10. 2010
Le 5 novembre dernier, le Conseil d'administration de l'ICANN a tenu une réunion exceptionnelle. Seul résolution à l'ordre du jour, un texte levant toutes restrictions sur les liens entre les registres et les registrars. Pour les nouveaux gTLDs, l'ICANN n'imposera donc pas de séparation contractuelle entre les deux principaux acteurs de la chaine d'enregistrement des noms de domaine.
L'importance de cette décision ne doit pas être sous-estimée. Le sujet de la séparation entre registres et registrars fait l'objet d'intenses discussions depuis des mois. Chaque camp a âprement défendu ses positions et ses intérêts. Des débats publics ont été organisés lors des réunions ICANN et ont souvent tourné à la confrontation directe. Un accord semblait impossible à obtenir. La sortie des nouveaux gTLDs risquait de s'en trouver retardée.
Pour donner un coup de pied dans cette fourmilière d'intérêts commerciaux divergents, le Conseil d'administration a décidé début 2010 d'imposer une règle de séparation stricte. En même temps, il a demandé au GNSO (l'entité qui fixe les règles pour les gTLDs) de trouver un consensus. Un groupe de travail a été créé. Avec plus de 70 membres, il est vite devenu le plus gros groupe de l'histoire du GNSO. Il a été lancé en mars 2010. Six mois après, le 18 août, le groupe publiait son rapport intermédiaire. Un constat d'échec. Aucun consensus n'avait pu être trouvé.
Dès lors, le Conseil d'administration a repris le sujet en main. Il a donc tranché : l'opérateur de registre d'une nouvelle extension générique pourra être une entité composée d'un registre et d'un registrar.
Cela veut dire que les registrars sont libres de coupler leur expérience et leur expertise à celles des registres pour assurer le succès d'une nouvelle extension. Ce type de "mariage" se voit déjà sur des extensions nationales. Un exemple, un registrar américain a fait équipe avec un registre irlandais pour lancer le .ME, l'extension du Monténégro.
Au-delà des intérêts commerciaux, au-delà de la libre concurrence que cette absence de restriction devrait encourager, et alors que la prochaine version du manuel du candidat est attendue incessamment sous peu, cette décision montre plus que jamais la volonté de l'ICANN de sortir les nouveaux gTLDs dans les mois à venir.
Tuesday, November 2. 2010
Lors de sa réunion du 28 octobre dernier, le Conseil d'administration de l'ICANN a approuvé le plan de lancement des nouvelles extensions. Un plan qui, pour la première fois, contient des dates précises.
Selon ce calendrier, la prochaine version du DAG sera publiée le 9 novembre 2010. Cette information apparaît comme très crédible, puisque cohérente avec celles données au Conseil du GNSO lors des briefings que nous recevons du Staff de l'ICANN. Au lieu d'un nouveau document, ce DAGv5 serait une version aménagée, avec quelques dossiers supplémentaires, du précédent manuel.
Le plan de lancement table ensuite sur une période d'appel à commentaires raccourcie, sur un mois. D'après les infos données au GNSO, afin de ne pas se laisser enliser dans de nouvelles discussions, l'ICANN compte uniquement prendre en compte les commentaires sur des sujets jamais évoqués auparavant (s'il y en a).
Le Conseil approuverait alors le DAGv5 comme la version finale lors de sa réunion de Carthagène, le 10 décembre. Cette version serait publiée un mois plus tard, le 10 janvier 2011, et marquerait le lancement des 4 mois de campagne de communication que l'ICANN s'est engagé à effectuer.
Voilà qui place donc l'ouverture du 1e cycle d'appel à candidatures, c'est à dire le lancement réel du programme des nouvelles extensions, au 30 mai 2011.
Thursday, September 30. 2010
Dans ma tribune du Journal du Net cette semaine, décodage de la réunion que le Conseil d'administration de l'Icann vient de dédier à la question des nouvelles extensions. Alors, cette ouverture du premier niveau du Web annoncée depuis juin 2008 va-t-elle enfin voir le jour ?
La tribune complète est à lire ici.
Sunday, September 26. 2010
Une réunion spéciale du Conseil de l'Icann a eu lieu ce week-end à Trondheim, en Norvège. Son but : avancer sur le programme des nouvelles extensions. Résultat : un certain nombre de résolutions qui serviront de guide pour la prochaine version du manuel du candidat, attendue pour décembre.
Parmi les résolutions, finalement peu de décisions concrètes, mais des prises en compte d'éléments comme les derniers commentaires du GAC ou encore les travaux réalisés sur les questions de la séparation entre les registres et les registrars ou de la moralité et l'ordre public.
Le Conseil s'est également penché sur quelques sujets non directement liés aux nouvelles extensions. Ainsi la première réunion de l'Icann de 2011 aura lieu du 13 au 18 mars à San Francisco.
Monday, September 20. 2010
Ne pas faire de différence entre les profils de candidats à la création d'une nouvelle extension pose-t-il problème ? Pour certains, peu importe l'origine ou les moyens d'un candidat puisque si son dossier est retenu par l'Icann, il lui faudra être en mesure de gérer une extension. Pour d'autres, il y a des bonnes raisons d'aider certains candidats plus que d'autres à passer la barrière à l'entrée assez élevée du programme de création des nouvelles extensions.
Lors de sa réunion de Nairobi, le Conseil d'administration de l'Icann avait incité la communauté à se pencher sur les moyens "de soutenir ces candidats ayant besoin d'aide pour demander et gérer un nouveau gTLD". Le Conseil du GNSO a répondu à cette demande en proposant la création d'un groupe de travail, ce qui a été fait en avril 2010.
Ce groupe a depuis rendu un premier rapport dans lequel il fait plusieurs propositions. Il donne d'abord des exemples de candidats pouvant nécessiter une aide spéciale :
- ceux visant des extensions communautaires de type culturelles, linguistiques ou ethniques ;
- les ONGs ;
- ceux basés dans des pays en voie de développement ;
- ceux visant à représenter des langues actuellement peu utilisées sur le Web ;
- ceux visant un marché en développement pour lequel il serait difficile de rentabiliser un projet d'extension.
Il est proposé d'aider ce type de candidat au travers de plusieurs mesures. En premier lieu, la réduction des frais de candidature, de 185 000 à 100 000 USD. Le niveau des garanties financières exigées par l'Icann serait également à revoir à la baisse. Enfin, un fond pourrait être créé pour aider ces candidats dans leurs tâches de constitution du projet, mais aussi de gestion de leurs extensions. Le groupe propose que, dans un premier temps, l'Icann vise un fond d'aide de USD 10 millions.
Ces propositions montrent que la communauté de l'Icann prend très à cœur sa mission de service publique à l'ensemble des communautés du Web et le développement de ce dernier vers tous les types d'Internautes, des plus aisés au plus démunis.
Elles devraient être intégrées, au moins en partie, dans la prochaine version du manuel du candidat qui sortira avant la réunion de Carthagène, en décembre prochain.
Thursday, July 22. 2010
La période de commentaire sur la 4e version du manuel du candidat à la création d'une nouvelle extension (DAGv4) s'est achevée hier (le 21 juillet). INDOM a posté un commentaire il y a quelques jours. Nous sommes contre les propositions contenues dans la version actuelle du manuel d'interdire aux registrars accrédités par l'Icann toute possibilité de participer, de quelque manière que ce soit, à la création d'une extension.
Ces dispositions sont nouvelles et volontairement extrêmes. Elles ont été imposées par le Conseil d'administration de l'Icann à l'issue de la réunion de Nairobi comme une épée de Damoclès au dessus de la tête de la communauté Icann. Si cette dernière n'arrive pas à se mettre d'accord pour trouver des règles plus justes, notamment dans le cadre du groupe de travail sur la séparation entre les registres et les registrars actuellement en fonction, alors le Conseil menace de les appliquer.
A notre avis, ce serait une énorme erreur et une injustice complète. Il n'y a aucune raison d'exclure artificiellement toute une catégorie d'acteurs dont l'expertise en terme de gestion et de connaissance est manifeste. En effet, pour être accrédités par l'Icann, les registrars doivent passer des certifications et apporter la preuve de leur capacité à gérer les noms de domaine de leurs clients. Ils doivent être techniquement capables de mettre en place des interfaces avancées et suffisamment financièrement solides pour durer dans le temps.
Hormis les registrars Icann, il n'y a que les actuels registres d'extensions génériques qui possèdent l'expérience de gestion au quotidien de zones de ce type. Ne permettre qu'à eux d'exercer sur les nouvelles extensions revient à limiter la liberté des candidats à choisir leurs partenaires techniques.
Certains appellent cela du protectionnisme. Nous disons juste que ce n'est manifestement pas la meilleure solution. D'autres sont d'ailleurs d'accord avec nous et reprennent nos commentaires en citation pour appuyer leurs propres propos. Espérons que l'Icann entendra…
Tuesday, June 22. 2010
Peter Dengate Thrush, le président du Conseil d'Administration de l'Icann, a profité de la réunion internationale de l'Icann qui se déroule actuellement à Bruxelles pour avancer l'idée d'une finalisation du manuel du candidat en septembre.
Le Conseil doit se réunir en "retraite" les 24 et 25 septembre prochain. Peter Dengate Thrush a proposé que cette réunion soit intégralement dédiée au manuel, de façon à en sortir avec une version finalisée.
S'adressant aux registrars lors de la réunion que ces derniers tiennent à chaque sommet Icann, Peter Dengate Thrush a également indiqué qu'il n'entendait plus tolérer les tentatives de retarder ce programme. "Depuis quelques temps, quand on me parle d'un nouveau problème à prendre en compte, je réponds qu'il aurait fallu l'évoquer avec le GNSO il y a quelques années, quand cette entité travaillait sur les règles de base de ce programme."
Si le manuel définitif était esquissé en septembre, il pourrait alors être approuvé par le Conseil avant la fin de l'année.
Sunday, June 20. 2010
Kurt Pritz, le responsable du programme des nouvelles extensions de l'Icann, a présenté les principales évolutions de la version 4 du manuel du candidat (DAGv4) ce dimanche. Cette présentation s'effectuait devant le Conseil du GNSO, l'entité en charge d'élaborer les politiques de gestion des extensions génériques, en préambule de la réunion de l'Icann qui commence demain.
Le DAGv4 est considéré comme la dernière version de travail, avant la publication d'un manuel définitif en décembre. Parmi les précisions apportées par ce document : le système de traitement des candidatures. L'Icann avait précédemment indiqué avoir une capacité de traitement limitée (dans le DAGv3). Ainsi, si plus de 500 candidatures sont reçues, elles seront traitées en lot.
Comment déterminer quelle candidature mettre dans quel lot ? Le choix sera fait au hasard, sans qu'aucune priorité ne soit donnée aux dossiers soumis au début du cycle d'appel à candidature par rapport à ceux qui arrivent plus tard dans le même cycle. "Pour nous, l'important n'est pas de voir qui est le plus rapide à soumettre sa candidature," a expliqué Kurt Pritz. "Mais d'identifier et de retenir les dossiers de qualité."
Tuesday, June 1. 2010
La 4e version du DAG (Draft Applicant Guidebook), le manuel du candidat à la création d'une nouvelle extension, vient d'être publiée par l'Icann.
Pour les plus assidus, les 377 pages de la version "suivi des modifications" du manuel ainsi que la dizaine de documents annexes vont donner lieu à de longues heures de lecture en préparation de la prochaine réunion de l'Icann à Bruxelles, du 20 au 25 juin. Le DAGv4 y sera au centre des discussions et ateliers organisés lors de cette 2e des 3 réunions Icann prévues en 2010.
Le DAGv4 contient de nombreuses nouveautés. Parmi elles, le détail des dispositifs de protection des marques, les coûts des procédures de règlement des litiges ou encore le budget complet du programme des nouvelles extensions. Une proposition de règles pour séparer les fonctions de registre et de registrar fait également partie des nouveautés, mais elle devrait évoluer car le GNSO (l'entité en charge, au sein de l'Icann, du développement des politiques pour les extensions génériques) continue de travailler ce point.
Ces règles pourraient compter parmi les seules différences importantes dans la version définitive de l'Applicant Guidebook, attendue pour décembre 2010. Car pour le reste, d'après l'Icann, ce DAGv4 est maintenant très proche du produit fini. Si c'est bien le cas, alors le lancement du programme de création des nouvelles extensions pourrait se faire en 2011, comme prévu, ce qui permettrait d'envisager les premières nouvelles extensions sur le Net en 2012.
Friday, March 26. 2010
Dans ma tribune Journal du Net de la semaine, retour sur l'annonce faite par la société Canon, qui vise l'obtention de son .CANON dans le cadre du programme de création des nouvelles extensions. Cette annonce courageuse et dynamique de la part de Canon permet de confirmer l'intérêt que portent les grandes sociétés aux nouvelles extensions.
Monday, March 22. 2010
Société jusqu'ici inconnue dans les noms de domaine, Adrenaline TLD Inc., basée à New York (d'après la fiche Whois de son nom), annonce son intention de demander 5 extensions lorsque l'ICANN donnera le feu vert au programme de création des nouvelles extensions.
Les projets de Adrenaline portent sur les .SKI, .SURF, .BIKE, .BOARD et .SKATE. D'après le site Internet de la société, celle-ci a été créée par des "habitués du secteur", sans précisions sur l'identité de ces entrepreneurs.
La société précise être en train de travailler avec des actionnaires et financiers, probablement pour boucler les USD 925 000 d'investissements nécessaires, rien qu'en taxe ICANN, pour demander 5 extensions.
Wednesday, March 17. 2010
Enfin ! Enfin une société candidate à la création de son extension Internet qui ose le dire ! Canon a confirmé par communiqué de presse son intention de lancer un .CANON dans le cadre du programme de création des nouvelles extensions proposé par l'ICANN.
"Ce nouveau système de gTLD (ndr : extensions Internet génériques) va permettre l'utilisation directe de la marque Canon," explique le spécialiste de produits électroniques. "Nous espérons pouvoir mettre en place des moyens de communication plus intuitifs et plus faciles à mémoriser que ceux actuellement possibles avec des noms de domaine comme canon.com."
INDOM travaille déjà avec plusieurs grandes sociétés qui envisagent de lancer leur extension. De part le monde, d'autres sociétés se préparent à cette nouvelle ère sur Internet. Mais jusqu'à présent, aucune n'a souhaité communiquer ouvertement sur le sujet.
La démarche de Canon paraît donc aussi intéressante que courageuse. Sera-t-elle suivie par d'autres ?
Tuesday, February 16. 2010
L'ICANN publie aujourd'hui plusieurs documents sur les méthodes de protection des droits qui seront proposées dans le cadre du programme de création des nouvelles extensions.
Ces documents couvrent les différents dispositifs étudiés dans le cadre des groupes de travail juridiques montés en 2009 : Uniform Rapid Suspension (URS), TM Clearinghouse, Post Delegation Dispute Resolution Procedure (PDDRP) et Registry Restrictions Dispute Resolution Procedure (RRDRP).
Des documents sur les extensions en caractères non latins (IDN) sont également proposés.
Les analyses des récents appels à commentaires de l'ICANN sont aussi publiées, dont celle sur le système d'expressions d'intérêt (EOI) qui sera examiné par le Conseil d'administration à Nairobi et peut-être même adopté.
Ces documents seront discutés à Nairobi et, comme je l'avais annoncé il y a quelques temps, seront certainement intégrés dans la prochaine version du manuel du candidat, le DAGv4 (Draft Applicant Guidebook version 4) qui sera publiée juste avant la réunion ICANN suivante, prévue à Bruxelles en juin.
Friday, February 12. 2010
Réuni le 4 février dernier, le Conseil d'administration de l'ICANN s'est engagé à prendre une décision sur le projet d'expressions d'intérêt à Nairobi, début mars, lors de la prochaine réunion internationale de l'ICANN.
Le Conseil avait initialement prévu de décider dès le 4 février si oui, ou non, le dépôt d'une expression d'intérêt serait obligatoire pour pouvoir demander une nouvelle extension dès 2011 (date prévue pour le lancement du premier cycle d'appel à candidatures).
Mais pour certains, une décision sur l'EOI dès maintenant aurait été prématurée. Les gouvernements réunis au sein du GAC avaient notamment écrit au PDG Rod Beckstrom et au Président du Conseil Peter Dengate Thrush pour leur demander de ne pas décider tout de suite.
Tel qu'envisagé actuellement, le dépôt d'un dossier d'expression d'intérêt serait obligatoire pour tous ceux qui souhaitent postuler dès 2011. Il s'accompagnerait d'un paiement de USD 55 000, qui serait ensuite défalqué des USD 185 000 demandés par l'ICANN pour le dépôt d'un dossier complet.
Thursday, February 4. 2010
La ville de Las Vegas n'a pas tardé dans sa prise de décision. Son partenaire pour créer le .VEGAS sera Dot Vegas Inc. Enfin, rien n'est moins sûr, puisque cette décision suscite déjà la polémique.
D'après Dot Vegas Inc., il est possible de viser 500 000 noms enregistrés sur les 5 premières années de fonctionnement du .VEGAS. Dans le cadre du contrat que la société se propose de passer avec la ville, elle estime que les reversements pour cette dernière pourraient aller jusqu'à $375 000 par an.
Mais le concurrent, la société Vegas.com, continue d'affirmer pouvoir faire une meilleure offre à la ville et annonce envisager d'avoir recours à la justice pour inverser cette décision.
La saga du .VEGAS s'annonce passionnante.
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