Retraite : les services bancaires sont-ils profitables aux personnes âgées ?

De plus en plus de personnes souscrivent aux offres bancaires pour gérer leur patrimoine financier. Cela ne concerne pas seulement la population active, mais aussi les seniors. Cependant, étant donné leur âge et leur état de santé, de nombreux seniors restent plus influençables et plus vulnérables que les autres clients prospectés par les banques.

C’est, par ailleurs, un fait rapporté dans un rapport des gendarmes du secteur bancaire. La question est donc si des démarches sont effectuées pour éviter les cas d’abus de faiblesse et les dérives envers ces personnes âgées. Décryptage…

La problématique actuelle avec le démarchage bancaire auprès des seniors

Plusieurs chargés de clientèles font généralement tout pour démarcher et intégrer les seniors dans leurs offres. Le souci n’est pas la démarche en elle-même, mais les méthodes utilisées pour atteindre leurs objectifs.

Par exemple, il est possible qu’une de ces personnes soit soumise à un démarchage agressif afin d’aboutir à la souscription d’un contrat de prévoyance et une assurance vie. Dans d’autres cas, il peut s’agir d’une souscription à un titre de créance sans comprendre la démarche ou encore la proposition d’un fonds à formule avec un terme prévu après 90 ans. Toutes ces démarches représentent clairement des abus et sont souvent rapportées par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Selon le rapport établi par le pôle commun ACPR-AMF, divers cas d’abus sont recensés par rapport à ces personnes âgées.

Vous pouvez y trouver aussi bien des cas rapportés de la pratique d’une notion client variable que des évaluations de connaissances financières déficitaires, des démarchages non conformes aux règles ou encore des cas de non-respect des objectifs d’investissement et des profils des séniors souscrits.

Des réclamations par écrits concernant des démarchages téléphoniques avec souscription automatique ont également été envoyées à l’ACPR. Dans cette optique, ce pôle commun a procédé au lancement d’une consultation publique relative à la protection des seniors vulnérables.

Rappel en ce qui concerne l’existence d’une zone grise

La réglementation concernant les services bancaires pour seniors n’est actuellement pas totalement encadrée. En effet, il existe une certaine zone grise regroupant les personnes non protégées par une curatelle ou une tutelle. Ces personnes sont des seniors ayant des troubles cognitifs et dont le jugement peut éventuellement être altéré. Cette zone grise n’étant pas encadrée de manière réglementaire, la prise en charge de ces personnes est différente d’une banque à une autre.

Selon l’analyse du pôle commun de l’AMF et de l’ACPR, les banques sont de plus en plus conscientes des soucis relatifs aux seniors. Quelques établissements affirment donc ne pas effectuer le démarchage de la clientèle senior. Le pôle commun, lui, souhaite continuer sa consultation publique afin de trouver des solutions pour optimiser les pratiques des banques et assureurs au bénéfice de cette clientèle clé.

Quelques avantages chez certaines structures bancaires

La sensibilisation des assureurs et des banques effectuée par les régulateurs bancaire et financier concernant la vulnérabilité des seniors a porté ses fruits récemment. Cela a en effet permis l’apparition de bonnes pratiques dans certaines banques.

Les banques sensibilisées à la vulnérabilité des seniors

Selon le rapport produit par le pôle commun ACPR-AMF, un constat a pu voir le jour lors des entretiens avec les banques et assureurs. Cela a permis de mettre en évidence l’importance de la protection de la clientèle senior et son enjeu pour les acteurs financiers. Ceux-ci sont maintenant conscients des problèmes liés à l’abus de confiance et de faiblesse. Par ailleurs, des opérations internes sont menées pour y remédier.

La mise en place de certaines bonnes pratiques

Quelques banques mettent actuellement en place plusieurs mesures pour encadrer les personnes âgées dans leurs opérations bancaires. Elles proposent notamment une limitation de la part d’unité de compte à hauteur de 29% pour les versements en assurance vie après 80 ans.

Les fonds sont fournis avec risque de perte en capital. Pour les souscriptions, la totalité des fonds en euros est proposée après 90 ans avec une garantie en capital. D’autres mesures sont aussi prévues : éviter de proposer des produits risqués, réception de clients en conseil lors de leur passage en retraite, mise en place de filtres de validation de souscription