Yves Alphé : comment faire le deuil animalier avec un enfant.

Dans un colloque dédié, Yves Alphé, spécialiste du monde funéraire ainsi que d’autres professionnels du secteur expliquent comment aborder le thème de la mort auprès des enfants. Il s’agit en effet d’un sujet difficile, voire tabou et il n’est pas évident d’expliquer celui-ci selon l’âge de l’enfant et l’être disparu.

Aujourd’hui nous nous concentrons sur un deuil bien particulier : celui de l’animal de compagnie. En effet, à l’exception des tortues, l’animal est voué à décéder avant l’enfant qui va lui au contraire grandir et devenir un adulte, puis un sénior.

L’animal de compagnie, un membre de la famille à part entière

Une bonne nouvelle pour les défenseurs de la cause animale : au niveau législatif, celui-ci est désormais considéré comme un membre de la famille dans son intégralité et non plus comme du simple mobilier. Une prise en considération qui démontre bien l’importance qu’occupent dans nos cœurs nos compagnons animaliers au sein de la famille, rappelle Yves Alphé. Toujours ou très souvent auprès de nous, ils sont généralement adoptés étant petits ou dans un grave état, et il n’est pas rare de leur sauver la vie de justesse (ex : lorsque les anciens maîtres les ont abandonné ou que les animaux sont à donner sinon euthanasiés).

Ainsi, adopter un animal de compagnie relève souvent du « sauvetage » d’une vie, ce qui en rend son deuil d’autant plus difficile.

Le deuil de l’animal auprès de l’enfant, plusieurs solutions rappelle Yves Alphé

Si l’animal est considéré membre de la famille, le deuil animalier reste encore sous-estimé, à tort. En effet, aussi bien pour l’adulte que pour l’enfant, il reste une étape difficile. Dans ce dernier cas (pour l’enfant), il faut savoir trouver les mots justes pour ne pas rendre la mort terrifiante aux yeux de l’enfant mais plutôt lui faire comprendre qu’il s’agisse d’un processus naturel, bien que douloureux, qui s’inscrit dans toute vie, quelle qu’elle soit.

Le deuil de l’animal est par ailleurs souvent le premier deuil auquel l’enfant est confronté, ce qui le rend d’autant plus difficile : l’enfant doit faire face à une étape difficile qu’il n’a encore jamais rencontrée et face à laquelle il est impuissant car il s’agit d’une situation irréversible et parfois soudaine (si l’animal décède jeune d’une maladie ou d’un accident par exemple). Il est d’ailleurs important de déculpabiliser l’enfant face à cette perte car il peut se sentir à tort responsable du décès du compagnon.

De plus, la mémoire de l’animal reste ancrée dans la mémoire de l’enfant dans la mémoire ou le compagnon animalier est présent tous les jours au sein de la famille, parfois 24h/24 (ex : chat d’appartement). Le parent, frère ou la sœur lui/elle aussi confronté(e) au deuil se pose alors la question de comment aborder cette épreuve avec l’enfant plus jeune.

Exploiter la créativité de l’enfant peut être une solution pour aider à surmonter le deuil. S’il ne s’agit pas là d’une « recette miracle », il peut aider l’enfant à exprimer son ressenti et se sentir plus soulagé, explique Yves Alphé.

Ainsi, un carnet intitulé «  Je ne t’oublie pas » et à destination des enfants permet via un fil conducteur d’exprimer son ressenti à travers un album où l’on peut raconter des anecdotes, faire des dessins, coller des photos de l’animal…et garder ainsi les bons souvenirs. L’enfant peut également percevoir le carnet dédié au compagnon disparu comme un hommage à ce dernier, voire une transition vers la ré-adoption d’un nouvel être et parvenir à avancer sur le chemin long et difficile du deuil.