A Buéa, capitale du Sud-Ouest, les Camerounais prennent la route pour fuir les combats

Sous la menace des séparatistes qui, malgré leur nombre réduit, sèment la terreur dans les régions anglophones, une partie de la population de Buéa, la capitale du Sud-Ouest, apeurée par les actes terroristes, prend la route afin de fuir les zones de combats. Ce qui ressemble à une forme d’exode signe la violence des actions des milices séparatistes avec lesquelles les forces armées camerounaises sont en conflit depuis la fin de l’année 2016.

C’est à un spectacle peu commun que l’on a pu assister ce mercredi matin à la gare routière de Buéa dans le Sud-Ouest. En effet, une partie de la population de la ville tentait de fuir la localité, fatiguée par la terreur imposée sur la région par les sécessionnistes anglophones depuis maintenant plus d’une année. Ces derniers ont en effet appliqué une politique de violence contre tous ceux s’opposant à l’idée d’une indépendance, organisant des rapts d’hommes d’affaires, de chefs et souverains locaux, des exactions contre les écoles, et l’assassinat des proviseurs, et de tous ceux qu’ils estiment être un obstacle à leur vision du Cameroun anglophone indépendant.

Ainsi à la gare routière, on est témoin d’un véritable déménagement, avec des sacs contenant les effets personnels qui s’entassent sur le toits des voitures, des cars, et de tous les véhicules disponibles. Dans de trop nombreux cas, des familles fuient en laissant tout derrière elles. Leur destination est la capitale économique du pays, sur la côte: Douala. Sur place peu nombreux sont ceux qui savent où se loger, il s’agira du premier objectif de ses familles afin d’ensuite venir récupérer leurs affaires.

Douala est déjà habituée à voir arriver ces réfugiés de l’intérieur, car depuis le début du conflit en 2016, la ville a déjà accueilli quelques milliers d’habitants des régions anglophones du Cameroun.

Ces départs ont pris une proportion plus importante avec les violences qui ont eu lieu mardi dernier lors que les séparatistes s’en sont prises aux forces de défense camerounaise qui assure la sécurité de la région. En effet, ce mardi matin, la ville avait été prise pendant quelques heures après que les terroristes “ambazoniens” aient positionné des barricades pour interdire l’accès à la cité.

La violence des milices séparatistes avaient obligé la population à s’enfermer chez elle, jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre et de défense qui ont permis à la ville de se libérer.