Tuesday, July 28. 2009
Le 20 juillet dernier, la période d'appel à commentaires sur la version actuelle du manuel du candidat à la création d'une nouvelle extension s'est terminée. Au même moment s'est achevé un autre appel à commenter deux rapports (ici et ici) publiés par l'ICANN sur les modalités de lancement potentielles des nouvelles extensions.
Depuis, les équipes de l'ICANN ont annoncé travailler pour compiler l'ensemble des commentaires reçus et, si possible, y répondre. Un condensé de ces réponses devrait être publié dans les semaines à venir. A moins que celles-ci ne soient directement intégrées dans la 3e version du manuel, attendue pour septembre.
Sunday, July 26. 2009
En Anglais, les organisations non gouvernementales s'appellent des "Non Governmental organisation" ou NGO. Or justement, un projet portant sur la création d'un .NGO serait en préparation.
Parmi les acteurs dits impliqués dans le projet : Verisign. Pour rappel, cette société américaine gère actuellement le .COM et le .NET. Il y a quelques années, elle gérait aussi le .ORG, depuis transféré à un autre registre : PIR.
J'avoue un certain scepticisme vis-à-vis du projet et de ce soutien, si les deux sont vrais. Sur le projet d'abord. Son pitch est de proposer une extension fermée réservée, par exemple, aux organismes à but non lucratif, pour faire ce que le .ORG aurait dû faire si ce suffixe n'était pas ouvert à tous. Je ne sais pas vous, mais moi ça me rappelle beaucoup le .BIZ, proposé lors de sa lancée en 2001 comme une vraie extension pour le business comparé à un .COM devenu fourre-tout. Depuis, on ne peut pas dire que le .BIZ ait vraiment supplanté son illustre ainé.
Alors pourquoi le .NGO serait-il si différent ? Depuis sa reprise par PIR, le .ORG a plus que jamais une connotation non gouvernementale comme non lucrative. Il attire les entités de ce type, même s'il reste ouvert à tous. Alors a-t-on vraiment besoin d'un .ORG bis ? Je ne crois pas. D'ailleurs, si j'étais de nature cynique, j'irai même jusqu'à soupçonner Verisign de vouloir prendre sa revanche sur la perte du .ORG en janvier 2003, lorsque l'extension a été confiée par l'ICANN à PIR…
Wednesday, July 22. 2009
Un site spécialisé signale la vente de Storage.tel pour USD 3 950 (un peu moins de 2 800 euros). Il s'agirait de la plus grosse vente réalisée sur un .TEL depuis le lancement de l'extension.
Le marché du nom d'occasion étant souvent un bon baromètre du succès potentiel d'une extension (si certains sont prêts à racheter des noms à des tarifs élevés, c'est qu'ils croient en l'extension), il est intéressant de suivre les premières ventes d'une extension naissante. Surtout lorsqu'elle est aussi atypique que le .TEL qui, rappelons-le, ne permet pas d'exploiter des sites Internet.
La valeur d'un nom étant fortement basée sur son potentiel de génération de trafic (et donc de revenus publicitaires au travers de liens sponsorisés), les noms en .TEL pourront-ils être valorisés de la même façon et selon les mêmes critères ?
Monday, July 20. 2009
Il est désormais célèbre ce Implimentation Recommendation Team (IRT), un groupe de travail juridique dont les recommandations sur les moyens de protéger les droits dans le cadre du programme des nouveaux gTLDs ont été présentées juste avant la réunion ICANN de Syndey.
Depuis, les débats sont vifs. Ils génèrent même des réactions assez extrêmes pour surprendre jusqu'aux vétérans pourtant habitués aux frictions internes de l'ICANN. Ainsi lors de la réunion de clôture pour le Conseil du GNSO à Sydney, l'avocate Kristina Rosette, représentante sur le Conseil du collège de la propriété intellectuelle et membre de l'IRT, a avoué son étonnement devant cette quasi haine perçue de certaines personnes au sujet de l'IRT.
Depuis Sydney, l'ICANN a organisé des réunions régionales dont le but est de permettre à ceux qui ne pouvaient se rendre à Sydney d'en apprendre d'avantage sur l'IRT. Comme à Sydney, des membres de l'IRT (ce groupe est composé en majorité d'avocats) font le déplacement pour expliquer leur travail. Deux réunions ont déjà eu lieu, à New York le 13 juillet et à Londres le 15. Deux autres réunions sont prévues, à Hong Kong le 24 juillet et Abu Dhabi le 4 août.
Le week-end dernier, j'ai discuté avec deux membres de l'IRT qui revenaient de la réunion de Londres. Tous deux m'ont témoigné leur surprise devant l'agressivité de certains participants. En premier lieu, au lieu de laisser la place aux questions venant de non initiés, ces réunions semblent avoir été l'occasion pour les "usual suspects", comprenez les lobbyistes professionnels de "l'ICANN circus", de venir haranguer le groupe ou ressasser le même message.
"A New York, un homme s'est levé pour nous poser l'une des premières questions de la réunion et il s'est littéralement mis à nous hurler dessus," m'a raconté l'un de mes interlocuteurs. "A tel point qu'il a fallu intervenir pour le calmer !"
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Thursday, July 9. 2009
La presse polonaise se fait l'écho d'une troublante affaire autour de NASK, l'organisme gestionnaire de l'extension polonaise .PL. Ce registre aurait investit des sommes importantes sur des contrats à terme (les "futures" en anglais) sur le marché des devises. Un investissement désastreux, puisque NASK aurait perdu aux environs de 14 millions de zloty, soit 3,2 millions d'euros !
Comme c'est le cas de plusieurs registres d'extensions nationales, NASK est une émanation du gouvernement local. C'est donc l'argent du contribuable qui a été investi et perdu dans une affaire qui relève alors de la fraude. La ministre de la science et de l'éducation supérieure Barbara Kudrycka a d'ailleurs limogé le directeur de NASK Maciej Koz?owski, remplacé depuis le 1 juillet 2009 par Krzysztof Malinowski. Ce dernier occupait depuis le 27 mai 2004 le poste de directeur de la recherche du registre.
Avant même cette affaire, NASK, dont le budget annuel serait d'un peu plus de 16 millions d'euros, avait déjà une réputation sulfureuse par ses choix de gestion. En particulier ses règles en faveur du domain tasting, pratique décriée par l'ensemble du secteur du nommage et contre laquelle l'ICANN a longtemps lutté.
Tuesday, July 7. 2009
Gage de protection accrue pour les utilisateurs de noms de domaine, c'est à dire nous tous, ce contrat ICANN version 2009 a été inauguré lors de la réunion de Sydney, fin juin.
La première mouture du contrat de registrar ICANN a déjà dix ans et remonte donc aux débuts même de l'organisme (créé en 1998). A l'époque, les registrars se comptaient sur les doigts d'une main. Depuis, le contexte économique a énormément évolué, tout comme le nombre de registrars existants (environ 900 registrars ICANN aujourd'hui), les habitudes des consommateurs de noms de domaine et les risques auxquels ils peuvent être confrontés.
Cette nouvelle version du contrat ICANN – la première depuis 2001 – a été conçue dans le but de renforcer la protection des consommateurs, sur des aspects comme la sécurité de leurs données personnelles ou la transparence de leurs relations commerciales avec leurs registrars. Il a fallu plusieurs années de négociations entre les différents acteurs du GNSO – la structure de l'ICANN en charge des extensions génériques – pour parvenir à un accord. Ce dernier a été voté par le Conseil du GNSO en mars dernier, lors de la réunion ICANN du Mexique, et avalisé par le Conseil d'administration de l'ICANN ensuite.
Seuls les plus importants registrars – dont INDOM, le seul français – ont été invités par l'ICANN à signer ce nouveau contrat dès à présent. Ce contrat impose en effet aux registrars signataires une maîtrise sans faille dans leur métier et un niveau de qualité au-delà de tout soupçon. "Ensemble, les signataires gèrent environ 50% des 110 millions de noms de domaine génériques actuellement déposés dans le monde," indique l'ICANN dans son communiqué officiel.
Thursday, July 2. 2009
Le gestionnaire du .MOBI se prépare à lancer des IDNs ciblant uniquement le marché chinois. Une période sunrise est prévue à la rentrée 2009. Seront uniquement éligibles les marques enregistrées avant le 25 avril 2008 (la date à laquelle l'ICANN avait autorisé le lancement des IDN en .MOBI) en Chine, à Hong Kong, Taiwan ou Macau. Passé la Sunrise, les enregistrements en IDN seront ensuite ouverts à tous.
Un système de mots clefs chinois a été retenu par DotMOBI pour ce lancement IDN. Très populaire en Chine, il permet à un utilisateur de rentrer un mot clef sur son téléphone portable. Ce mot clef est alors transmis à l'opérateur par SMS et ce dernier renvoi à l'utilisateur, également par SMS, l'URL correspondant.
Il semble que seul un système de ce type permet l'utilisation de .MOBI en IDN puisque ces noms de domaine ne pourront être utilisés directement dans les navigateurs Internet des téléphones portables avant plusieurs mois (dixit le registre). Des développements technologiques doivent en effet être réalisés pour le permettre.
Les registrars souhaitant proposer à leurs clients ces .MOBI en IDN doivent obligatoirement effectuer une procédure d'accréditation supplémentaire (ils ont déjà dû s'accréditer ICANN et DotMOBI pour pouvoir vendre du .MOBI) auprès d'un des services du ministère chinois de l'industrie.
Ce très fort ciblage vers la Chine me semble assez atypique. Mais peut-être DotMOBI n'estime pas qu'un marché existe en Europe pour des noms de domaine de ce type sur des appareils mobiles…
Thursday, July 2. 2009
Verisign, le gestionnaire du .COM, travaille sur un nouveau service de Whois qui permettrait d'obtenir des états antérieurs pour un nom de domaine. Ainsi pourrait-on savoir, par exemple, que tel nom avait d'abord été déposé en janvier 1998, pour ensuite être transféré l'année suivante, puis supprimé 2 ans après, avant d'avoir été enregistré à nouveau en 2008.
Ce service serait baptisé WhoWas (en anglais, "Whois" veut dire "qui est ?" – "WhoWas" veut dire "qui était ?").
Le WhoWas pourrait être utile pour retracer la vie antérieure d'un nom de domaine puisque actuellement, les seules informations disponibles sont celles du WhoIs, c'est à dire un instantané actuel de l'état d'un nom qui ne montre en aucun cas ce qui s'est passé avant. On imagine l'utilité d'un tel service dans un cadre juridique par exemple : pouvoir remonter l'historique d'un nom peut permettre de démontrer l'existence de comportements litigieux.
Le WhoWas fait actuellement l'objet d'une demande de validation auprès de l'ICANN. Si celle-ci est acceptée, il pourrait être mis en service dans les mois à venir.
Wednesday, July 1. 2009
Le bilan fiscal de l'ICANN pour l'année comptable 2008 (du 1er juillet 2007 au 30 juin 2008) donne les salaires des principaux cadres dirigeants. Des salaires que certains trouveront certainement élevés et que d'autres trouveront en rapport avec les fonctions clefs de régulation de l'Internet.
Premier salaire, celui du PDG Paul Twomey (tous les montants sont en dollars US ) : 691 610 plus 255 649 de contributions au plan d'épargne salariale.
Paul Levins, généralement considéré comme le bras droit de Paul Twomey, a reçu 263 946 de salaire et 84 110 de contributions.
Parmi les autres salaires intéressants compte tenu de l'actualité du moment, il y a par exemple celui de Kurt Pritz, le responsable du programme des nouveaux gTLDs à 318 846 de salaire principal plus 79 627 de contributions.
John Jeffrey, le directeur juridique, a gagné 314 500 de salaire et reçu 63 982 de contributions. On peut également noter les frais de $1 633 322 payé par l'ICANN au cabinet d'avocats Jones Day, qui doit se réjouir du nombre de procès et d'actions juridiques dans lesquels le régulateur de l'Internet est impliqué.
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