Tuesday, August 24. 2010
Dans le Landerneau de la gouvernance de l'Internet, il y a le régulateur actuel, l'Icann, et l'entité qui se verrait bien prendre sa place, l'UIT (Union Internationale des Télécommunications). L’institution "spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication" (dixit son site web) est depuis plusieurs années régulièrement aux avant-postes de la contestation anti-Icann.
Mais le système de nommage est d'adressage de l'Internet serait-il mieux géré par les gouvernements des Nations Unies que par une entité multi acteurs comme l'Icann ? Si l'on juge par le dernier échange de courriers entre les deux entités, ce n'est pas sûr du tout.
Le secrétaire général de l'UIT Hamadoun Touré vient en effet de refuser à Rod Beckstrom, le PDG de l'Icann, l'accès à sa prochaine conférence plénipotentiaire prévue en octobre. Beckstrom avait écrit à l'UIT pour demander la permission, non pas de participer, mais simplement d'assister à la conférence en tant qu'observateur.
L'Icann est souvent critiqué pour son manque de transparence, ou ses liens étroits avec le gouvernement américain. Des arguments fondés, sur lesquels l'Icann a beaucoup travaillé ces dernières années.
Par exemple, le contrat qui liait directement le régulateur à Washington n'est plus. Il a été remplacé par une liste d'engagements pris par l'Icann, dont celui d'être transparent. Cette liste, appelée "Affirmation of Commitments" ou AoC amène d'ailleurs l'Icann a se poser directement la question de sa propre transparence. Ainsi un groupe de surveillance appelé "Accountability and Transparency Review Team" jauge depuis quelques mois l'Icann sur les aspects de transparence et de responsabilité…
Par ailleurs, il est difficile d'imaginer que si l'Icann recevait une demande du secrétaire général de l'UIT pour participer à l'une de ses conférences (qui sont de toute façon ouvertes à tous et gratuites), sa réponse serait autre chose qu'un grand "oui"…
Tuesday, June 29. 2010
Lorsqu'on a demandé à Peter Dengate Thrush de remplacer Vint Cerf à la présidence du conseil d'administration de l'Icann en 2007, il a prévenu. "Je n'accepterai ce poste que si il s'accompagne d'une rémunération adéquate !"
Il lui aura fallu 3 ans pour obtenir satisfaction. A Bruxelles, la semaine dernière, le CA a en effet adopté une résolution autorisant une "compensation" de 75 000 USD par an pour son président.
Compte tenu du travail fourni par Peter Dengate Thrush à la tête du CA de l'Icann, cette compensation semble plus que méritée. Rien qu'à la vice-présidence du Conseil du GNSO, la structure de l'Icann en charge des extensions génériques, j'ai déjà l'impression de travailler sans arrêt pour l'Icann. Alors inutile de dire que pour le président du CA, comme pour les autres administrateurs qui sont tous, comme moi, des bénévoles non rémunérés, l'Icann est vraiment un job à plein temps.
Devant l'augmentation constante des sujets traités par l'Icann et ses administrateurs, ce modèle basé sur le pur bénévolat avoue ses limites. Si l'Icann veut s'assurer l'aide de bénévoles capables de tenir les rôles que l'organisation entend leur confier, il lui faut aujourd'hui compter sur des gens qui, soit n'ont pas de véritables employeurs (ou sont leurs propres patrons de manière à rester maîtres de leur temps), soit des employeurs qui trouvent leur intérêt à déléguer un de leurs salariés à plein temps à l'Icann.
Sans appeler cela un salaire, proposer à ces bénévoles une compensation est un moyen pour l'Icann de se garantir des administrateurs performants et réellement indépendants. C'est le principe des "jetons de présence". Seulement maintenant que le président du CA va recevoir une compensation, est-il réaliste de ne pas envisager un traitement similaire pour les autres administrateurs ?
Wednesday, June 16. 2010
Dès ce week-end, le régulateur mondial du nommage sur Internet sera à Bruxelles pour sa 2e grande réunion de l'année. Celle-ci ouvre officiellement le lundi 21 juin.
Parmi les grands thèmes de Bruxelles, il y aura bien entendu les nouveaux gTLDs, et plus particulièrement la séparation entre les fonctions de registre et de registrar. La question de la sécurité du Net sera également au programme, surtout après les mises en garde "musclées" de Rod Beckstrom, le PDG de l'Icann, en la matière lors de la précédente réunion à Nairobi.
Je serai à Bruxelles dès ce week-end, puisque le GNSO se réunit traditionnellement pendant les deux journées précédents la réunion Icann pour aborder l'ensemble des sujets liés aux extensions génériques.
Rappelons que les réunions Icann, comme celles du GNSO, sont libres d'accès et ouvertes à tous. Pour participer, consulter le programme ou encore suivre les divers ateliers enligne, consultez le site dédié de la réunion.
Tuesday, June 1. 2010
L'Icann vient de publier le programme détaillé de sa 38e réunion internationale qui se tiendra à Bruxelles du 20 au 25 juin.
Ce programme permet de prendre connaissance de l'heure, du lieu et du contenu de chaque réunion et atelier qui seront organisés durant cette semaine belge.
Friday, April 23. 2010
La nouvelle vient de tomber : dernière réunion ICANN de l'année 2010 aura lieu à Carthagène, en Colombie.
La réunion promet d'être importante en ce qui concerne le programme de création des nouveaux gTLDs, puisque si le planning est respecté, c'est à cette occasion que la version définitive du manuel du candidat (Applicant Guidebook) sera présentée. Dans la foulée, le premier cycle d'appel à candidatures devrait être lancé au premier trimestre 2011.
Friday, February 19. 2010
Dans ma tribune Journal Du Net cette semaine, coup d'oeil sur le sommet de l'ICANN à Nairobi et de manière plus générale, sur le fonctionnement de ces réunions et pourquoi elles sont importantes pour la gouvernance et le développement de l'Internet. La tribune est à lire ici.
Friday, February 12. 2010
Le régulateur de l'Internet joue la transparence. L'ICANN publie un rapport sur les salaires des principaux membres de l'équipe de direction.
On y apprend donc que Rod Beckstrom, PDG depuis le 1er juillet 2009 et engagé pour un contrat initial de 3 ans, gagne USD 750 000 par an, plus un bonus pouvant aller jusqu'à USD 195 000 (plus mutuelle et autres avantages sociaux habituels).
Doug Brent, le directeur général, gagne USD 270 000 par an, plus USD 24 000 de remboursements de frais d'habitation, plus un bonus pouvant aller jusqu'à 48% de son salaire de base.
John Jeffrey, le directeur juridique, a un salaire annuel de base de USD 230 000 avec un bonus pouvant aller jusqu'à 30% de son salaire.
Quant à Kurt Pritz, le responsable du programme de création des nouvelles extensions, son salaire annuel est de USD 245 000, avec un bonus allant jusqu'à 30% de ce salaire.
Il faut certainement s'attendre à voir des voix critiques s'élever devant ces salaires importants. Moi, j'ai envie de dire bravo à l'ICANN pour avoir oser la transparence. Et j'avoue que face aux salaires de certains dirigeants d'entreprise, ceux de l'équipe de direction de l'ICANN ne me choquent pas.
Ces gens là sont en charge de la coordination technique d'une ressource mondiale qui génère des millions chaque jour et permet à d'innombrables industries de fonctionner, sans parler de tous les autres avantages quotidiens que nous apporte l'Internet. Certes ils sont bien payés. Mais en tant qu'Internaute, je préfère si possible voir le réseau bien géré par des gens compétents. Si c'est le cas des membres de cette équipe, alors ils méritent amplement leurs salaires.
Sunday, January 24. 2010
Le Conseil d'administration de l'ICANN a décidé de maintenir la réunion de Nairobi, malgré les inquiétudes de certains participants quant aux éventuels risques sécuritaires.
On ne peut que se féliciter de cette décision, prise à l'issue d'une réunion spéciale vendredi dernier, permettant de ne pas tourner le dos au Kenya et aussi, certainement, d'impliquer davantage les pays d'Afrique dans les questions de gouvernance de l'Internet.
La réunion de Nairobi aura lieu du 7 au 12 mars prochain.
Wednesday, January 20. 2010
Cette question, aussi surréaliste qu'elle puisse paraître à prime abord, est en train d'être sérieusement considérée par l'ICANN.
Afin de comprendre pourquoi la question se pose, il faut peut-être rapidement rappeler l'énorme machine qu'est l'organisation d'une réunion ICANN et de ses 2 000 participants potentiels. Des budgets frôlant les 2 millions de dollars (USD 1,992 millions pour Seoul), une équipe entière dédiée à la réunion, de multiples visites préalables des villes candidates et des sites possibles pour tenir la réunion, et des participants du monde entier qu'il faut souvent aider et guider…
Au sein même de chaque structure de soutien, c'est également un sacré challenge. Prenons l'exemple du GNSO. En tant que vice président de cette structure, je supervise pour Nairobi la mise en place du programme du Conseil du GNSO pour l'intégralité de la semaine de réunion. Un travail effectué en collaboration avec les membres du Staff de l'ICANN dédié au GNSO, les membres du Conseil eux-mêmes, les présidents des groupes de travail et des groupes de réflexion montés par le GNSO… et les représentants d'autres structures de soutien comme le ccNSO (les extensions nationales) et le GAC (les gouvernements).
Ramené à l'échelle de l'ICANN dans son intégralité, le volume de travail est tel que la préparation d'une réunion commence souvent avant même la fin de la précédente.
Pour faire dérailler ce processus, il faut donc une raison très importante. Comme la sécurité des participants par exemple. Sur ce plan, pour diverses raisons, Nairobi inquiète. Une inquiétude qui a grandi à l'ICANN ces dernières semaines, au point de verser dans une sorte de psychose. Car y a-t-il vraiment plus de risque à aller au Kenya qu'en Egypte ou au Mexique, deux pays où l'ICANN a récemment tenu réunion ? L'ICANN doit-elle s'inquiéter quand des organisations comme l'OMC arrivent, dans des conditions de tension beaucoup plus grandes, à tenir leurs réunions ? Et n'est-ce pas le mauvais signal à envoyer que de refuser d'aller au Kenya, qui n'est quand même pas l'Afghanistan, pour une organisation comme l'ICANN qui se veut mondiale ? D'ailleurs, les hésitations de l'ICANN énervent visiblement les kenyans…
Le Conseil d'administration de l'ICANN se réuni vendredi (22 janvier). A priori, à l'issu de cette réunion, nous saurons si Nairobi est maintenu ou non. Et si l'annulation est votée, quelles mesures de substitution seront mises en place.
Wednesday, November 25. 2009
Après deux brèves et un article complet dans Les Echos la semaine dernière, Le Figaro parle de mon élection à la vice présidence du GNSO aujourd'hui, dans la rubrique "Les Décideurs".
Friday, November 13. 2009
Sunday, November 1. 2009
En ce qui concerne les extensions génériques (gTLDs), c'est à dire le .COM mais également toutes les nouvelles extensions qui verront bientôt le jour sur Internet comme le .PARIS par exemple, c'est le GNSO qui fixe les règles.
Cette entité regroupe toutes les parties prenantes susceptibles d'être concernées par les gTLDs dans deux chambres. La première est réservée aux entités ayant un contrat avec l'ICANN, c'est à dire les registres et les registrars. Dans la seconde on trouve les FAI, les avocats, les utilisateurs commerciaux (entreprises) et non commerciaux (particuliers par exemple).
A la tête du GNSO, son Conseil est l'organe décisionnel. Ses 22 membres ont donc une sacrée responsabilité : s'assurer du meilleur fonctionnement possible pour les gTLDs de l'Internet ! Du Whois aux devoirs des registrars vis-à-vis de leurs clients en passant par l'élaboration du programme des nouvelles extensions, le Conseil du GNSO se penche sur tous les aspects des extensions génériques.
A Séoul, la présidence de ce Conseil a été renouvelée. Chuck Gomes, un américain et le représentant des registres, a été élu président. Pour l'assister, chaque chambre a nommé un vice-président. Olga Cavalli, une argentine et la représentante des utilisateurs, a été nommée vice-présidente par intérim par la chambre "non contractés". J'ai été nommé vice-président définitif par la chambre des "contractés". Avoir un français à ce niveau du GNSO est une première. Ces trois mandats sont pour une année, et représente autant de travail que de responsabilités pour les trois personnes qui vont, sur les 12 mois à venir, tenter de faire en sorte que le Conseil du GNSO puisse être le plus productif possible.
Monday, October 26. 2009
La 36e réunion de l'ICANN est lancée. Ce lundi 26 octobre est la première journée officielle, même si pour certains, le travail a déjà commencé depuis deux jours. C'est mon cas, puisque avant chaque réunion de l'ICANN, le Conseil du GNSO passe le week-end en réunions et ateliers.
Un week-end qui se termine, le dimanche soir, avec un dîner entre le Conseil du GNSO et le Conseil d'administration de l'ICANN. L'occasion de discuter avec les membres du directoire, son président (le Néo-Zélandais Peter Dengate Thrush) et le PDG (Rod Beckstrom a remplacé Paul Twomey à ce poste il y a quelques mois – Séoul est sa première réunion officielle).
En tout, environ cent personnes se retrouvent dans une grande salle, autour de tables rondes d'une petite dizaine de places. Premier casse-tête : qui arrivera à s'asseoir à la même table que Peter Dengate Thursh ou Rod Beckstrom ? Pour éviter les foires d'empoigne, un algorithme est utilisé pour déterminer de manière aléatoire les places de chacun ! On est à l'ICANN après tout…
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Wednesday, September 30. 2009
L'histoire de la gouvernance de l'Internet est en marche. A partir d'aujourd'hui, et pour la première fois depuis sa création en 1998, l'organisme en charge de la régulation technique de l'Internet n'est plus sous le contrôle direct des USA.
L'ICANN annonce aujourd'hui la mise en place d'un document intitulé "Affirmation of Commitments" (AOC). Ce document de seulement 5 pages est une liste d'engagements entre l'ICANN et le Département du Commerce, mais il n'y a plus aujourd'hui de contrat entre les deux parties.
"Que veut dire ce document ? Que l'ICANN devient une entité globale," affirme son PDG Rod Beckstrom. "Nous nous engageons à faire des points réguliers sur la transparence de l'ICANN, sur nos performances en matières de sécurité... Auparavant, sous le JPA (le contrat qui liait l'ICANN aux Département du Commerce), ces points étaient faits au gouvernement américain. Maintenant, ces points seront suivis par des comités internationaux. Et faits à tous les pays."
L'AOC renferme quatre principaux engagements :
- - Maintenir la transparence de l'ICANN et œuvrer dans l'intérêt des Internautes.
- - Maintenir la sécurité et la stabilité de l'Internet.
- - Continuer à développer la concurrence sur le marché du nommage, tout en maintenant la confiance du consommateur.
- - Maintenir un WHOIS fonctionnel et sécurisé.
Continue reading "L'ICANN n'est plus sous contrat avec les Etats-Unis"
Monday, September 28. 2009
Non le JPA – l'accord entre l'ICANN et le Département du Commerce américain qui expire le 30 septembre – n'est pas encore officiellement mort. Mais sa fin semble de plus en plus certaine.
A tel point que l'ICANN a déjà prévu de la fêter. Des invitations ont été envoyées pour une réception le jeudi 1er octobre afin de "marquer la fin du Joint Project Agreement entre le Département du Commerce américain" et l'ICANN.
Après l'article publié la semaine dernière par The Economist indiquant que le JPA serait remplacé par une série "d'engagements" et que le contrôle unilatéral américain ne serait plus, cette petite sauterie organisée par l'ICANN rend la perspective de la non reconduction du JPA quasi certaine.
RDV à Washington ce jeudi pour en avoir le cœur net.
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