Friday, December 28. 2012
Fundació puntCAT, le gestionnaire de l'extension pour la Catalogne .CAT, souhaite pouvoir opérer en tant que registrar. Cela lui permettrait de vendre des .CAT en direct, sans passer par d'autres registrars.
Cette demande est la conséquence directe de la suppression par l'ICANN en juin 2011 des règles de séparation entre les fonctions de registre et de registrar.
Pour ne pas se voir défavorisés par rapport aux nouvelles extensions, les registres des extensions historiques (celles antérieures au programme des nouvelles extensions, aussi appelées "New gTLDs") peuvent donc demander un amendement à leur contrat existant ou choisir d'adopter le contrat New gTLD. Mais ce dernier incluant certaines clauses plus strictes que les contrats antérieurs, il est peu probable de voir un registre historique demander son adoption.
Ce n'est en tout cas pas la voie choisie par Fundació puntCAT, qui a logiquement préféré demander à modifier son contrat actuel (il date du 23 septembre 2005). Cette demande fait actuellement l'objet d'un appel à commentaires qui se termine le 21 janvier 2013. Le Conseil d'administration de l'ICANN statuera ensuite sur la demande.
En faisant la promotion d'une identité culturelle, le .CAT s'est montré novateur et dynamique. L'extension est actuellement distribuée par un réseau de 25 registrars accrédités. Parmi les extensions génériques communautaires, elle affiche une réussite certaine, les estimations de l'ICANN dans le cadre de son budget 2013 plaçant le .CAT à 63 800 noms. En comparaison, le .AERO est à 8 900 noms, le .COOP à 30 800 noms, le .TRAVEL à 29 300 noms et le .MUSEUM à seulement 300 noms.
Sauf surprise de taille, l'ICANN validera donc la demande de Fundació puntCAT, la première d'un registre pour devenir registrar. L'histoire est en marche. Les différences entre les deux maillons de la chaine de distribution des noms de domaine étant appelées à se faire de plus en plus tenues.
Thursday, November 8. 2012
Le Nominating Committee (NomCom) de l'ICANN vient d'annoncer les places qu'il est en charge de pourvoir pour la "saison" 2013.
Ce comité unique a été créé en 2003 pour permettre à l'ICANN d'attirer vers ses instances de direction les profils les plus variés possibles. Il nomme, chaque année, au conseil d'administration du régulateur technique de l'Internet, ainsi qu'aux conseils du GNSO (en charge des extensions génériques), du ccNSO (pour les extensions nationales) et à l'ALAC (organisme représentant les utilisateurs). La mission du NomCom est de trouver les meilleurs candidats possibles, que ces derniers aient déjà connaissance de l'ICANN ou non.
La date limite pour candidater est fixée au 1er mai 2013.
Les postes proposés cette année sont : 3 sièges au conseil d'administration de l'ICANN, 2 sièges au conseil du GNSO, 1 siège au conseil du ccNSO et 3 sièges à l'ALAC.
Le NomCom 2013, dont je fais partie, espère pouvoir annoncer les sélectionnés en septembre.
Si postulez vous intéresse, vous trouverez la procédure complète sur le site du NomCom 2013.
Tuesday, October 9. 2012
Dans ma chronique du Journal du Net, cette semaine, gros plan sur le NomCom. Concept novateur, le "NomCom" est un organisme chargé de sélectionner
des candidats aux postes clefs de la gouvernance sur Internet. Un comité
important, qui doit évoluer pour rester pertinent. A lire ici.
Saturday, May 21. 2011
Eric Besson, ministre en charge de l'économie numérique, rencontrera le mardi 24 mai Rod Beckstrom, PDG de l'ICANN, à l'occasion du G8 de l'Internet qui a lieu à Paris le mardi et le mercredi.
Eric Besson connaît déjà l'ICANN, puisqu'il avait rencontré le précédent PDG du régulateur, Paul Twomey, lors de la réunion ICANN de Paris en juin 2008.
Les sujets de discussion ne manqueront certainement pas entre les deux hommes, des nouveaux gTLDs à la place des Etats dans la gouvernance de l'Internet, en passant par la récente approbation par l'ICANN de l'extension pornographique .XXX, contre l'avis des gouvernements.
Thursday, March 31. 2011
Voici l'intro de ma Tribune Journal du Net cette semaine : Si le régulateur de l'Internet n'est plus directement placé sous l'égide du gouvernement américain, ce dernier contrôle toujours la base de données racine du Net. Une situation qui, avec un peu de courage politique, pourrait changer dans les douze mois à venir. A lire ici.
Friday, March 18. 2011
Je n'aurais jamais pu penser qu'en me lançant dans les noms de domaine il y a maintenant plus de 10 ans, grâce à mon père Philip Van Gelder et mon cousin Pierre Berecz, cela m'amènerait un jour à serrer la main de Bill Clinton. Un grand moment pour moi, tout comme le discours d'une heure qu'il a ensuite donné à l'occasion du congrès ICANN de San Francisco, hier soir (mercredi 16 mars).
Le discours d'un vrai professionnel, mais également d'un homme dont le charisme et l'enthousiasme sont si évidents et si communicatifs qu'on comprend immédiatement qu'il ait été élu Président des USA.
Certains polémiqueront, se demanderont pourquoi l'ICANN a invité Clinton au congrès de San Francisco (sa prestation ayant, d'après les rumeurs, été facturée $250 000), mais vu les retombées média pour l'ICANN et vu la salle comble qui par deux fois s'est levée pour applaudir cet orateur de talent, la décision de le faire venir semble évidente.
L'administration Clinton a créée l'ICANN en 1998. En revenant voir son "bébé" douze ans après, Bill Clinton lui a redonné un bon coup de fouet. Assez pour continuer à faire évoluer l'Internet – et son modèle de gouvernance inédit et novateur – pour les douze prochaines années ? Espérons-le.
Wednesday, March 16. 2011
Il y a 2 semaines, à Bruxelles, les gouvernements réunis au sein de leur comité consultatif (le GAC) avaient obtenu 3 jours de conversation directe avec le Conseil d'administration de l'ICANN.
L'idée était de permettre de comprendre les zones de désaccord entre l'ICANN, qui souhaite lancer le programme de création des nouvelles extensions aussi vite que possible, et les gouvernements, qui considèrent que ce programme n'est pas prêt.
L'importance accordée au GAC énerve certains autres acteurs faisant aussi partie de la gouvernance de l'Internet. D'ailleurs, dans son discours d'ouverture de la réunion ICANN de San Francisco, le lundi 14 mars, son patron Rod Beckstrom a rappelé certains des principes fondamentaux de l'ICANN. "Quand toutes les voix sont entendues, aucune ne peut dominer une organisation. Pas même les voix des gouvernements. Pas même celle du gouvernement qui a facilité sa création," a-t-il indiqué, faisant référence à la fois aux USA (l'ICANN ayant été créée par l'administration Clinton en 1998) et au modèle de gouvernance unique de l'ICANN permettant d'intégrer les acteurs privés, commerciaux, juridiques et techniques aux côtés des gouvernements.
Pour autant, les discussions ICANN/GAC ont chamboulé le planning de San Francisco. Deux journées entières leur sont dédiées, le mardi 15 et le jeudi 17. De fait, de nombreuses autres réunions ont été soit raccourcies, soit annulées.
Continue reading "Les gouvernements monopolisent l'ICANN San Francisco"
Sunday, February 20. 2011
Les évènements actuels dans le monde arabe ont eu raison de la réunion d'Amman, la capitale de la Jordanie. L'ICANN a confirmé que cette réunion, prévue du 19 au 24 juin 2011, n'aurait finalement pas lieu en Jordanie.
La ville de remplacement sélectionnée par l'ICANN pour tenir sa 41e réunion n'a pas encore été annoncée, mais il semble que Singapour tienne la corde…
Saturday, January 22. 2011
L'ICANN vient de confirmer qu'une réunion se tiendra entre son Conseil d'administration et les gouvernements fin février. La réunion, initialement prévue à Genève, aura finalement lieu à Bruxelles les 28 février et 1 mars prochains.
Elle sera ouverte aux observateurs, mais ces derniers n'auront pas le droit de parler. Seuls les membres du GAC (comité gouvernemental) et du Conseil pourront s'exprimer.
La réunion doit permettre d'identifier les derniers points de désaccord entre les deux groupes sur le programme de création des nouvelles extensions, afin de permettre à l'ICANN de le lancer dès que possible.
Friday, January 14. 2011
Cette semaine, ma tribune Journal du Net porte sur les négociations actuelles entre l'ICANN et les gouvernements pour tenter de débloquer la situation en ce qui concerne le programme des nouvelles extensions. Avec en point de mire, la réunion de San Francisco et sa guest star de prestige, Bill Clinton. A lire ici.
Monday, December 20. 2010
Dans ma tribune Journal du Net cette semaine, une explication du GNSO, organe de l'ICANN en charge de fixer les règles pour le fonctionnement des extensions génériques et dont je viens d'être élu président. La tribune est à lire ici.
Wednesday, September 8. 2010
Pour son exercice 2010, le comité de sélection de l'Icann a retenu deux candidatures françaises. Bertrand de la Chapelle a été nommé au Conseil d'administration. Sébastien Bachollet est retenu pour l'ALAC, l'entité représentative des utilisateurs au sein de l'Icann.
Afin de se conformer aux obligations d'indépendance imposées par un siège au Conseil de l'Icann, Bertrand de la Chapelle s'est engagé à quitter son poste de délégué spécial du ministère des affaires étrangères avant de prendre ses nouvelles fonctions (à l'occasion de la réunion Icann de Carthagène, en décembre). Il ne représentera donc plus la France au sein du GAC, le comité consultatif regroupant les ambassadeurs des différents pays qui participent activement aux processus de l'Icann.
Tuesday, August 24. 2010
Dans le Landerneau de la gouvernance de l'Internet, il y a le régulateur actuel, l'Icann, et l'entité qui se verrait bien prendre sa place, l'UIT (Union Internationale des Télécommunications). L’institution "spécialisée des Nations Unies pour les technologies de l’information et de la communication" (dixit son site web) est depuis plusieurs années régulièrement aux avant-postes de la contestation anti-Icann.
Mais le système de nommage est d'adressage de l'Internet serait-il mieux géré par les gouvernements des Nations Unies que par une entité multi acteurs comme l'Icann ? Si l'on juge par le dernier échange de courriers entre les deux entités, ce n'est pas sûr du tout.
Le secrétaire général de l'UIT Hamadoun Touré vient en effet de refuser à Rod Beckstrom, le PDG de l'Icann, l'accès à sa prochaine conférence plénipotentiaire prévue en octobre. Beckstrom avait écrit à l'UIT pour demander la permission, non pas de participer, mais simplement d'assister à la conférence en tant qu'observateur.
L'Icann est souvent critiqué pour son manque de transparence, ou ses liens étroits avec le gouvernement américain. Des arguments fondés, sur lesquels l'Icann a beaucoup travaillé ces dernières années.
Par exemple, le contrat qui liait directement le régulateur à Washington n'est plus. Il a été remplacé par une liste d'engagements pris par l'Icann, dont celui d'être transparent. Cette liste, appelée "Affirmation of Commitments" ou AoC amène d'ailleurs l'Icann a se poser directement la question de sa propre transparence. Ainsi un groupe de surveillance appelé "Accountability and Transparency Review Team" jauge depuis quelques mois l'Icann sur les aspects de transparence et de responsabilité…
Par ailleurs, il est difficile d'imaginer que si l'Icann recevait une demande du secrétaire général de l'UIT pour participer à l'une de ses conférences (qui sont de toute façon ouvertes à tous et gratuites), sa réponse serait autre chose qu'un grand "oui"…
Tuesday, June 29. 2010
Lorsqu'on a demandé à Peter Dengate Thrush de remplacer Vint Cerf à la présidence du conseil d'administration de l'Icann en 2007, il a prévenu. "Je n'accepterai ce poste que si il s'accompagne d'une rémunération adéquate !"
Il lui aura fallu 3 ans pour obtenir satisfaction. A Bruxelles, la semaine dernière, le CA a en effet adopté une résolution autorisant une "compensation" de 75 000 USD par an pour son président.
Compte tenu du travail fourni par Peter Dengate Thrush à la tête du CA de l'Icann, cette compensation semble plus que méritée. Rien qu'à la vice-présidence du Conseil du GNSO, la structure de l'Icann en charge des extensions génériques, j'ai déjà l'impression de travailler sans arrêt pour l'Icann. Alors inutile de dire que pour le président du CA, comme pour les autres administrateurs qui sont tous, comme moi, des bénévoles non rémunérés, l'Icann est vraiment un job à plein temps.
Devant l'augmentation constante des sujets traités par l'Icann et ses administrateurs, ce modèle basé sur le pur bénévolat avoue ses limites. Si l'Icann veut s'assurer l'aide de bénévoles capables de tenir les rôles que l'organisation entend leur confier, il lui faut aujourd'hui compter sur des gens qui, soit n'ont pas de véritables employeurs (ou sont leurs propres patrons de manière à rester maîtres de leur temps), soit des employeurs qui trouvent leur intérêt à déléguer un de leurs salariés à plein temps à l'Icann.
Sans appeler cela un salaire, proposer à ces bénévoles une compensation est un moyen pour l'Icann de se garantir des administrateurs performants et réellement indépendants. C'est le principe des "jetons de présence". Seulement maintenant que le président du CA va recevoir une compensation, est-il réaliste de ne pas envisager un traitement similaire pour les autres administrateurs ?
Wednesday, June 16. 2010
Dès ce week-end, le régulateur mondial du nommage sur Internet sera à Bruxelles pour sa 2e grande réunion de l'année. Celle-ci ouvre officiellement le lundi 21 juin.
Parmi les grands thèmes de Bruxelles, il y aura bien entendu les nouveaux gTLDs, et plus particulièrement la séparation entre les fonctions de registre et de registrar. La question de la sécurité du Net sera également au programme, surtout après les mises en garde "musclées" de Rod Beckstrom, le PDG de l'Icann, en la matière lors de la précédente réunion à Nairobi.
Je serai à Bruxelles dès ce week-end, puisque le GNSO se réunit traditionnellement pendant les deux journées précédents la réunion Icann pour aborder l'ensemble des sujets liés aux extensions génériques.
Rappelons que les réunions Icann, comme celles du GNSO, sont libres d'accès et ouvertes à tous. Pour participer, consulter le programme ou encore suivre les divers ateliers enligne, consultez le site dédié de la réunion.
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